Bébé Maternité

Inès

24 février 2019

Nous sommes le Dimanche 11 Novembre quand je commence à ressentir des contractions fréquentes. Il fait nuit, il est 2h du matin, je réveille Sylvain et doucement nous préparons les grandes soeurs pour les déposer chez Mamie. La distance entre la maison et l’hôpital fait que nous partons assez vite, les contractions sont toujours là, nous arrivons à destination, je suis examinée, mon col est à 3, et il y restera un bon moment… 1h, 2h, … Vers 6h nous montons en chambre et les contractions s’arrêtent, ce n’est finalement pas le moment de te rencontrer ma bébé. Nous passons la nuit à l’hôpital, nous sommes à 2 jours du terme, il se pourrait que tu sois décidée à nous rejoindre… Le jour se lève sur les montagnes, je me souviens des montgolfières et de ce ciel rouge si sublime. Nous avons hâte de te rencontrer, nous avons le temps, je souhaite que tout se passe naturellement, tu viendras au bon moment, j’en suis certaine. Cette journée dure 1000 heures, nous marchons, nous montons les escaliers, nous rigolons dans les couloirs, nous dormons un peu et mon gros bidon est toujours là, il est si beau ! La nuit tombe, on nous informe que demain, on pourra rentrer à la maison et que plus tard dans la semaine, je serais déclenchée. Impossible, je n’y crois pas une seule seconde… On s’endort.

Une contraction vient me réveiller, une deuxième, du liquide coule au même moment, je me tourne, me retourne, elles sont fortes, je les reconnais si bien… Chaque contraction entraîne de la perte de liquide, ton cocon s’ouvre à nous mon amour. Il est 6 h 30 quand je réveille Sylvain, la sage femme arrive, mon col n’a pas tellement bougé, il s’efface peu à peu. Pourtant elles sont bien là, je comprends que c’est pour aujourd’hui, nous allons faire équipe mon amour, tu vas me guider à merveille j’en suis certaine. Sylvain est auprès de moi, c’est une première fois pour lui, je suis tellement heureuse, il va être parfait. Il est 8 h 30 quand nous entrons en salle d’accouchement, mon col est à 4/5, on nous laisse tranquille, comme toujours depuis le début, comme nous le souhaitons. Les contractions sont toujours là, je commence à entrer dans ma bulle, Sylvain est derrière moi, je me pousse contre lui à chaque contraction, je le sens si près de moi, je sens sa chaleur, son odeur, il m’appuie sur certain point d’acupuncture, je n’ose même pas imaginer son état à ce moment là… Des millions de choses me passent par la tête, ce moment est si incroyable, si stressant, il va falloir que je sois à la hauteur. Il est 9 h, on me fait un monitoring pour s’assurer que tu vas bien, on m’ausculte à nouveau, mon col n’est qu’à 6, elles sont pourtant déjà si fortes ! La sage femme nous informe que ce n’est pas pour tout de suite, qu’il faudra la prévenir quand l’envie de pousser se fera ressentir…

A ce moment là, je pense à toi ma jolie bébé, j’espère que de ton côté tout va bien, que tu ne souffres pas. J’espère être à la hauteur, j’espère recevoir tes signes et tout faire comme tu le souhaites.

Je sens arriver la prochaine contraction, petit à petit, comme les précédentes et de plus en plus. Elle ne s’arrête plus, elle est si forte, l’envie de pousser est déjà là. C’est le moment, je reconnais cette souffrance atroce qui va nous réunir. On m’ausculte en vitesse, dilatation complète, c’était tellement inattendu ! J’ai mal, je veux pousser, je ne vois plus rien, j’entends à peine, on me demande de ne pas pousser mais l’engrenage est lancé. Il y a du monde autour de moi, je les vois se préparer, les contractions s’enchaînent sans laisser place à un moment de répit, elles me tiraillent, je crie, je hurle, c’est tellement intense, tellement bestial, je ne peux plus rien retenir, tu arrives, je le sens si fort. Je ne m’arrête plus de pousser, une contraction, deux contractions,… Cette force hors du commun, cette puissance incroyable qui m’étonne à chaque fois, on m’arrache de l’intérieur, et puis ta tête est dehors… C’est inimaginable, je pense à Sylvain, je sais qu’il est là, sans même le voir, je sais qu’il est en train de vivre un moment inoubliable lui aussi. Tout est flou autour de moi, je ne suis plus maître de rien, tout s’enchaîne, chaque contraction nous rapproche un peu plus et mon corps pousse encore…

Inès. Nous sommes le Lundi 12 Novembre, il est 9H34 et tu es là mon amour. Quelle arrivée ! Le soulagement, je vais te chercher, on te dépose sur moi, tu es si chaude, si belle, si douce. Tu as ce regard si particulier d’un bébé qui découvre la vie. Je ne ressens plus aucune douleur, je ne cesse de te regarder, de souffler, je peux enfin quitter ma bulle. Je regarde ton papa, il est si beau, si ému, ça y est, il est papa… Je suis si heureuse de le voir ainsi. Mon coup de foudre maternel a frappé une troisième fois, cet amour indescriptible, si fort, si imprévisible… Je te prends tout contre moi, nous faisons notre première tétée, ce moment est si magique, je viens de donner la vie, tu viens de naître, nous venons d’être parents en une fraction de seconde… Cet instant est suspendu dans le temps, nous sommes là, tous les trois, à nous regarder, à nous aimer. Je suis comblée, je pense à tes soeurs, j’ai hâte qu’elles te rencontrent…

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1 Comment

  • Reply Joan 24 février 2019 at 10 h 38 min

    Un nouveau rayon de soleil dans votre maison mes meilleurs vœux de bonheur à tous les 5 des bises fleuries de fort loin

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